
Carles Puigdemont
@KRLS · Europe
Carles Puigdemont est suivi par Storyz World pour sa couverture de gouvernement et service public liée à Espagne, dans le chapitre consacré à l’Europe.
Il y a cent ans, Josep Pla a décrit l’impression que lui avaient faite les Allemands alors qu’il se promenait près de Düsseldorf un dimanche à la tombée du jour. Il le fait dans le dernier paragraphe du chapitre « Pays de Cologne » du recueil de chroniques de voyage rassemblées sous le titre « Lettres de loin » : « La nuit tombe. Le tramway longe un canal. Éclaboussant l’eau, jusqu’à se perdre de vue, une ligne d’arcs électriques. Des péniches chargées de charbon, sur le canal. Avec la lumière, le charbon forme comme des pointes d’aiguille qui brillent comme des diamants. Dans de nombreuses maisons, on joue de la mandoline. Les cafés sont bondés. Musique. Marches militaires. Les femmes mangent des délicatesses, le visage couvert de taches rouges, échauffées, en sueur. Les hommes portent un habit et ont le crâne rasé. C’est dans ces cafés et à cette heure dominicale que l’on voit clairement la peur que suscitent les Allemands, la peur viscérale, terrible, que suscitent les Allemands. Vous tremblez comme une feuille d’arbre, vous éprouvez la même sensation que doit provoquer la rencontre avec un hippopotame en liberté. » Bien que vaincue, humiliée et endettée, cette Allemagne faisait terriblement peur ; vue avec le recul, l’épouvante décrite par Pla était le présage de ce qui allait arriver. Dimanche dernier, également à la même heure crépusculaire, un groupe de néonazis allemands nous a rappelé cette peur, cette épouvante. Cette fois, cependant, ce seront les Allemands eux-mêmes qui ne les laisseront pas passer, au grand dépit de certains de leurs amis enthousiastes qui vocifèrent, fiers d’eux-mêmes : « Nous sommes déjà passés. » Et j’ai la profonde conviction que l’espoir que Pla n’a pas pu trouver nous viendra de l’Allemagne elle-même et des Allemands.
Traduit de catalanJe n’ai aucun intérêt à promouvoir le RN comme le visage aimable de l’extrême droite européenne, mais puisqu’ils connaissent quelque chose à leur monde, cela vaut la peine de savoir ce qu’ils pensent de l’AfD. Lisez l’entretien avec l’un des principaux porte-parole du parti français, Jean-Philippe Tanguy, et regardez ce qu’il dit du parti allemand : “Je suis sorti terrorisé du bureau du représentant de l’AfD de l’époque. (…) Nous avons décidé de rompre rapidement avec l’AfD, qui tenait des propos de plus en plus contestables, surtout à propos de la Seconde Guerre mondiale ; mais aussi sur certaines questions politiques, notamment la remigration, qui incluait des personnes d’origine immigrée déjà intégrées”. “Ils ont voté pour des gens qui relativisent le passé nazi de l’Allemagne, qui expliquent qu’on pouvait être dans les SS sans être une mauvaise personne, c’est scandaleux”. Et ensuite, analysez la biographie de certains de leurs élus aux élections de dimanche. Ils donnent froid dans le dos. La tolérance ou l’équidistance à l’égard de ces gens est une erreur ; la complicité est une erreur et une grave irresponsabilité. Je ne suis pas étonné que l’iconographie antifasciste de l’affiche catalane dérange certains, elle qui nous a par ailleurs aidés à nous internationaliser et à être reconnus comme une cause démocratique contre les totalitarismes. Ils se sentent opprimés par l’espadrille catalane qui écrase la croix gammée. Des personnalités comme Joan Pujol, Francesc Boix ou Francesc Dalmau ont contribué à vaincre et à condamner le nazisme. Certains, de manière décisive. Leur mémoire, et surtout celle des victimes du nazisme, mérite le respect.
Traduit de catalanLa situation est alarmante ; c’est la preuve de l’irresponsabilité de ceux qui veulent nous voir normalisés et résignés dans la dépendance espagnole et dans un système qui ne cherche pas à former des citoyens critiques, mais plutôt à faire en sorte que plus ils soient dépendants de la consommation et des réseaux sociaux, mieux ce soit : il reste à démontrer que le « miracle économique » dont se vante le gouvernement espagnol devant l’UE est parfaitement compatible avec la catastrophe éducative. C’est pourquoi l’indépendance est une nécessité, y compris pour les Catalans qui y sont opposés. Certes, il n’existe aucun bouton qui, une fois actionné, répare tout cela d’un coup. C’est un mensonge. Il n’existe pas de formules simples et rapides qui puissent réparer les dégâts que nous infligent la négligence espagnole, le vol chronique de nos ressources et l’absence de souveraineté pour décider. Ce sont des processus qui exigent un effort constant pour surmonter des adversités colossales et permanentes, avec des hauts et des bas, des réussites et des erreurs. Mais avec un engagement incorruptible en faveur d’un pays meilleur, où la culture, l’éducation et la langue soient le ciment qui garantisse la cohésion et le progrès social, l’intégration des nouveaux arrivants et le renforcement des droits fondamentaux. Voilà ce qu’est le processus d’indépendance. Et voilà ce qu’il sera. Car, quels que soient leurs efforts pour tourner la page, et quelles que soient les ressources qu’ils y consacrent chaque jour, chaque mois et chaque année, au petit-déjeuner, au déjeuner et au dîner, par voie terrestre, maritime et sur TV3… la page s’obstine à ne pas être tournée. Voilà.
Traduit de catalanUne analyse à partir de l’expérience polonaise, très intéressante à lire. La phrase « après les élections, TikTok se termine et Excel commence » résume le défi auquel l’AfD devra faire face si elle forme finalement un gouvernement en Saxe-Anhalt. Mais il y a bien plus, et c’est assez complexe.
Traduit de catalanLa vague néonazie de la police espagnole devrait inquiéter tous ceux qui expriment aujourd’hui leur crainte face à la montée des néonazis allemands. La répression structurelle à laquelle tout Catalan est soumis du simple fait de l’être —parfois d’une manière aussi sauvage que dans ce cas, parfois d’une manière plus subtile, comme dans le défaut d’exécution des investissements— est un exercice de xénophobie incompatible avec l’État de droit. Ils s’en moquent, mais pas nous. Tout mon soutien à @CEEuropa et au supporter qui a été victime d’un nouvel abus de la part des autorités espagnoles.
Traduit de catalanL’indiscutable victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt est le fruit d’une longue chaîne d’irresponsabilités dans laquelle chacun porte une part de responsabilité. La nouvelle me semble tragique. Son objectif est de remplacer la démocratie par un modèle postdémocratique avec moins de délibération, davantage d’autoritarisme et plus de violence sociale ; un modèle qui semble bien plus efficace dans la gestion des problèmes sans devoir se préoccuper des minorités, des dissidents, des droits fondamentaux et autres « obstacles » qui freinent le progrès. Le modèle chinois. Le modèle de Trump. Celui de Poutine. Mais aussi celui de ces gouvernements démocratiques qui ont durci ces dernières années leurs législations sur la sécurité nationale afin de permettre des pratiques autoritaires et contraires à l’État de droit ; qui ont négligé les valeurs démocratiques et les ont placées hiérarchiquement au-dessous de l’intérêt des affaires qu’ils font précisément avec des pays gouvernés par des autocrates et des criminels. Ce qui s’est passé en Saxe-Anhalt est un avertissement très sérieux. Je ne le dis pas à cause des partis et des administrations qui viennent de subir un profond bouleversement (c’est la partie circonstancielle, anecdotique si vous voulez) : je le dis à cause de l’idée même de démocratie, qui, après avoir apporté des décennies de paix et de prospérité à des millions d’Européens, fait l’objet d’une stratégie calculée visant à la renverser, précisément maintenant qu’elle présente des signes de fatigue et qu’elle aurait besoin d’une régénération fondée sur ses principes et ses racines fondatrices. Car le parti qui a gagné en Saxe-Anhalt est un parti dont il remet ouvertement en question l’éthique —s’il en a une—. Je ne plains pas la CDU, qui a démontré que les principes démocratiques l’ont beaucoup gênée et a préféré faire le laquais du postfranquisme espagnol du PP plutôt que d’écouter l’appel de millions de démocrates européens de Catalogne. Je plains l’Allemagne, un pays que j’aime et que j’admire, et l’Europe, un projet pour lequel il vaut toujours la peine de se battre, dans les bons comme dans les mauvais moments.
Traduit de catalanÀ quoi les ménages européens consacrent-ils leur argent ? Les dernières données font apparaître certains changements de tendance liés aux évolutions sociales et économiques qui influent sur la consommation. Voici un résumé statistique
Traduit de catalanPour en apprendre davantage sur les racines du conflit entre l’État espagnol et le Royaume du Maroc, cet article offre un contexte historique d’une grande valeur. Ne le manquez pas. Ni la recommandation finale. La revendication renouvelée du Maroc sur Ceuta et Melilla n’est pas une demande de décolonisation
Traduit de catalanAu-delà des raisons de sa détention (il semble que son visa soit arrivé à expiration et que ce soit pour cela qu'il sera expulsé vers le Royaume-Uni) et de l'arbitraire dont l'ICE a déjà fait preuve, Milo n'est pas n'importe qui. C'est l'un des ingénieurs du chaos les plus néfastes qu'ait produits le monde d'Internet, qui ont fait du mensonge et de la manipulation la norme de l'information qui nourrit désormais une grande partie de la population ainsi qu'une certaine classe politique, laquelle confond "parler franchement" avec crier, et "dire la vérité que tout le monde cache" avec la théorie du complot et la fausseté. L'un des éléments qui ont contribué au succès du trumpisme. Le style de Yiannopoulos s'est répandu dans le monde entier, avec une impunité qui fait peur, parce qu'il produit des résultats économiques et électoraux. Des études du MIT indiquent qu'une information fausse a 70 % plus de chances d'être partagée sur Internet, parce qu'elle est plus originale qu'une information vraie. Selon ces chercheurs, la vérité a besoin de six fois plus de temps pour être acceptée qu'une fake news. Giuliano da Empoli, qui explique tout cela dans son célèbre livre, attribue à Mark Twain une phrase selon laquelle "un mensonge peut faire le tour du monde avant que la vérité ait le temps de lacer ses chaussures" (bien qu'il ne soit pas démontré que Twain en soit réellement l'auteur, comme cela arrive souvent lorsque l'on cite des phrases célèbres). Quelqu'un qui est dépourvu de toute éthique sait donc désormais quel est le chemin pour réussir dans le monde de la communication ou de la politique. En ce sens, on ne comprendrait pas l'essor du populisme en Europe sans regarder vers les États-Unis et les stratégies mises en œuvre, il y a une quinzaine d'années, par des personnages comme Bannon et Yiannopoulos. La combinaison de médias conçus à cet effet et surtout d'une légion de trolls (réels ou issus de fermes à trolls) peut parvenir à créer le climat propice à cet essor. Reste à savoir quel monde ils nous laisseront pour le lendemain, lorsque le pendule oscillera dans une autre direction. Mais cela leur importe exactement zéro, car il s'agit de tout saccager, ainsi que tout le monde, comme le fit Néron en incendiant Rome dans l'espoir qu'une ville nouvelle, propre et saine en surgisse (un autre fait qui est lui aussi très probablement faux. Napoléon disait que l'histoire n'est rien d'autre qu'un ensemble de mensonges sur lesquels nous nous sommes mis d'accord... même s'il n'a peut-être pas dit cela non plus).
Traduit de catalanRappelez-vous que, pour @PODEMOS, les Espagnols peuvent gérer les compétences en matière d’immigration, mais pas les Catalans, ce qui est raciste. C’est pourquoi ils votent toujours avec PP et VOX chaque fois qu’ils en ont l’occasion de nous bloquer.
Traduit de catalanAujourd’hui, @FCBarcelona_cat rend hommage au symbole qui représente la lutte démocratique populaire et intergénérationnelle pour l’indépendance de la Catalogne. Merci, @JoanLaportaFCB. Merci au Barça et à toutes les personnes qui se sont mobilisées pour rendre cela possible. Il y a maintenant douze ans, soit dit en passant, nous avons officiellement dédié à Girona un espace public au créateur de l’estelada.
Traduit de catalanUne application très intéressante vient de sortir, qui permet de suivre en temps réel les trains de plusieurs pays européens. Sans surprise, les trains qui accusent le plus de retards sont ceux de Renfe, et les gares les plus touchées sont celles de l'État espagnol @traintracker24_
Traduit de catalanOsman Kavala doit être libéré immédiatement. J’espère que l’UE et tous les États membres, en commençant par l’État espagnol, ami du régime autoritaire d’Erdogan, exerceront la pression nécessaire pour faire appliquer l’arrêt de la CEDH. @AmnestyEU @aforgutu
Traduit de catalanIls exsudent une haine de la catalanité, de manière structurelle. Des personnes des plus hautes instances jusqu’aux joueurs de football participent à cette maladie, en passant par les juges et les journalistes. Dans une société saine, ce serait intolérable. En Espagne, c’est un mérite.
Traduit de catalan